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Article : serge latouche

La société de croissance n’est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire ; elle ne suscite pas pour les « nantis » eux-mêmes une société conviviale, mais une anti-société malade de sa richesse.

 

 

Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie.

 

Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes.

Une réduction massive du temps de travail imposé pour assurer à tous un emploi satisfaisant est une condition préalable.

En 1981 déjà, Jacques Ellul, l’un des premiers penseurs d’une société de décroissance, fixait comme objectif pour le travail pas plus de deux heures par jour

 .On peut, s’inspirant de la charte « consommations et styles de vie » proposée au Forum des organisations non gouvernementales (ONG) de Rio lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de 1992, synthétiser tout cela dans un programme en six « r » :

réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler.

Ces six objectifs interdépendants enclenchent un cercle vertueux de décroissance sereine, conviviale et soutenable.

On pourrait même allonger la liste des « r » avec : rééduquer, reconvertir, redéfinir, remodeler, repenser, etc., et bien sûr relocaliser, mais tous ces « r » sont plus ou moins inclus dans les six premiers.

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